Biographie

Sa vie – Son oeuvre

Par quel étrange hasard un jeune homme, dépourvu de formation artistique, devient-il sculpteur de bronze animalier ? Il n’y a pas de hasard. Parce qu’il l’aime, l’observe et la manipule, il « comprend » la nature, l’animal sauvage ou non. Et, puis, opiniâtre, inspiré, il éprouve le besoin impérieux de partager ses émotions, sa quête du beau.

Dany Continsouzas est né de parents corréziens le 5 août 1949, issus l’un et l’autre de modestes familles rurales. Son père, bien que doté d’un incontestable don pour la musique, quitte sa campagne natale pour épouser la carrière d’officier de police à Orléans. Dès son plus jeune âge, l’enfant n’a qu’une hâte : profiter des vacances scolaires pour rejoindre la ferme familiale de ses grands-parents. Ainsi, les animaux domestiques mais aussi la faune sauvage pénètrent son esprit, et obsèdent peu à peu ses pensées. La nature devient son école. Grâce à l’éducation donnée par son oncle pendant ces trop courts instants, il apprend à observer, traquer et poursuivre les animaux sauvages dans le seul but de pouvoir les prendre dans les mains. Sa première institutrice prédit à ses parents un avenir d’artiste lié au monde animal. Dany n’a qu’une assiduité relative pour les études, ne brillant réellement qu’en arts plastiques sans pour autant être encouragé dans cette voie. « Le canard mal couvé de la famille », aux dires de certains de ses professeurs, termine cependant ses études secondaires, et entre dans l’administration en 1968. Son plus grand plaisir est alors d’effectuer les caricatures de ses collègues et de ses supérieurs. Les bordereaux et les calculettes cèdent peu à peu la place à l’apprentissage solitaire de la taxidermie. Le jeune homme est aidé en cela par l’étude scrupuleuse d’un petit ouvrage technique commandé jadis par son oncle, et récupéré dans le grenier corrézien.

Il installe un atelier dans une petite rue du vieil Orléans où il vit et travaille assidûment. Rapidement consacré par ses pairs, il se voit récompensé après deux ans d’exercice du Grand Prix de la taxidermie française. L’école de formation de l’Office national de la chasse ainsi que plusieurs muséums d’histoire naturelle lui confient leurs collections d’oiseaux à naturaliser. Il enseigne également la taxidermie au centre professionnel de Meaux dans le cadre de la formation continue. Survient alors ce qui aurait pu être un tournant dans sa carrière et sa vie. Un poste de taxidermiste lui est proposé au muséum d’histoire naturelle de Neufchâtel, en Suisse. Malgré les contacts d’usage, la visite des lieux et d’un futur logement, un coup de théâtre de dernière minute fait échouer le projet. Renouant alors avec son don inné pour le dessin, Dany s’adonne à la peinture animalière. Ses aquarelles, huiles et pastels représentant des animaux sauvages dans leur environnement connaissent un vif succès dès les premières expositions. De la même façon, le jeune artiste apprend seul le modelage en réalisant des figurines en résine.

Mais, Continsouzas étouffe dans un atelier trop exigu, et décide de se rapprocher de la campagne. Dans son atelier sandillonnais, en 1986, il crée ses premiers bronzes, fortement inspiré par une Sologne d’adoption s’offrant à lui.

La chasse, la pêche, la cueillette des champignons sont plus que jamais prétextes à méditation. Le contact direct et permanent avec la nature le nourrit d’inspirations et d’idées. Elles mûrissent lentement, parfois pendant des mois, puis ses mains le guident inexorablement vers le pain de terre ou de plastiline. Après quelques épreuves en cire confiées à diverses fonderies parisiennes, sa rencontre avec un jeune artiste fondeur en 1988, Saint-Cast, sera le véritable détonateur de sa production. Toutes les œuvres sont désormais coulées par son précieux partenaire. Avide de perfection, ce dernier lui consacre tout son savoir-faire. Chaque sculpture est coulée suivant la méthode ancestrale de la fonte à la cire perdue.

La création, la conception de la cire, la ciselure sont entièrement issues de la main du sculpteur, la patine finale faisant l’objet d’une attention particulière. Continsouzas donne réellement vie à son œuvre en réalisant cette phase ultime, fruit parfois de longues et déroutantes recherches.

Les bronzes animaliers de l’artiste sont édités à un maximum de huit exemplaires et quatre épreuves d’artiste, ce qui leur vaut l’appellation d’« œuvre originale ». Présentés pour la plupart sur des socles en bois de luxe, ils sont particulièrement remarqués par le mouvement qu’ils dégagent et leurs subtiles patines. Plus de deux-cent-cinquante créations ont vu le jour dans son atelier.

Souvent présent lors des principales manifestations d’art animalier, Continsouzas expose aussi dans les plus grandes villes : Paris, Lille, Strasbourg, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Béziers, Bruxelles, Londres, Oxford, Badminton, Enshedé… Son œuvre est particulièrement remarquée à Paris, à la Biennale des beaux-arts au Grand Palais, dans les écuries du Georges V, à La Maison de la chasse et de la nature, au Salon d’art animalier de Saint-Pierre-lès-Nemours et au Salon national des artistes animaliers à Bry-sur-Marne où il est vivement encouragé dès son adhésion par André Margat et Roger Baron. Son travail fait l’objet de nombreux articles de presse. Des reportages et films télévisés lui sont consacrés. Son œuvre est maintes fois primée lors de festivals et salons d’art animalier. Son travail est récompensé notamment par la Médaille de la ville d’Orléans, la Coupe de la ville de Paris, la Médaille de la Présidence de la République. Lui est également attribué le diplôme Arts, Sciences et Lettres, en 2001.

De nombreux collectionneurs font l’acquisition de ses sculptures, précieusement conservées dans les familles. Quelques-unes d’entre elles ont cependant déjà fait l’objet d’enchères remarquées, notamment à Drouot.

Parmi les plus connues, citons :

  • Le Solitaire à la souille,
  • Le Brame,
  • L’Envol de colverts (œuvre primée en 1992),
  • La Croule,
  • La Trilogie,
  • La Chasse ou Le Circaète Jean-le-Blanc (œuvre primée en 1993),
  • La Harde,
  • Le Défi,
  • Race limousine (œuvre primée en 2000),
  • Les Oies,
  • La Traversée (œuvre primée en 2004),
  • La Fratrie.

Dany Continsouzas ne se pose pas de questions, son œuvre évolue naturellement avec le temps. Elle marie parfois de façon originale, le bronze, le marbre et le verre. Le sculpteur perfectionne sa ciselure, sa patine et approfondit ses connaissances anatomiques. À la justesse des proportions véhiculées par le style romantique s’ajoutent la composition et l’effet de surface de l’impressionnisme. L’artiste marque sa différence et l’on reconnaît son œuvre. La puissance, l’élégance, l’inquiétude et la fragilité parfois du monde animal, le mouvement sont, pour lui, les moteurs essentiels.

Bibliographie

  • Pêche de la truite de rivière – ARMAND COLIN
  • Anthologie du cerf – HATIER
  • La mordorée – HATIER
  • La chasse de la bécasse – PROXIMA
  • Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers de l’antiquité à nos jours -ARGUS VALENTINES
  • Art et chasse : artistes français contemporains – ABBATE-PIOLÉ

Filmographie

  • Un homme, un métier, une passion – FR3 Centre 1981
  • Paroles de chien Bouquinage – SEASON’S – Canal satellite 1998
  • Tableaux de chasse – SEASON’S – Canal satellite 1999
  • Les artistes animaliers – SEASON’S – Canal satellite 2008
  • Chasse passion : le sanglier – SEASON’S Canal satellite 2016